[AgileFrance] – Exercices de communication non verbale simple mais intéressant

Vendredi 31 mai, lors de l’Agile France, Thierry Montulé (@siamha) animait un atelier intitulé “Un petit problème de relation… agile”. Le petit synopsis d’introduction invitait les participants à venir s’interroger sur leur relation au monde et aux autres. Or si le monde agile place les individus et leurs interactions comme valeurs fondamentales, il n’en demeure pas moins que l’on tourne souvent autour de discussions axées sur les tests, les processus (agiles bien sûr), les méthodes, ou les bonnes pratiques. Une telle session, ne pouvait donc que m’attirer…

Mise en bouche : Personne n’aime le conflit… mais pourquoi dure-t-il ?

Après une brève introduction, le premier exercice de l’atelier est très simple : En se basant sur ses expériences,  chaque personne choisit 2 termes exprimant une relation satisfaisante (par exemple confiance, respect) puis 2 termes exprimant une relation insatisfaisante (défiance, mensonge, inactivité, …).

Un rapide “tour de table” montre ensuite que notre perception d’une relation satisfaisante est identique à tous les participants, à savoir, basées sur des valeurs positives. Paradoxalement lorsque le conflit éclate ou que nous sommes dans une relation insatisfaisante nous en sommes conscient mais nous ne prenons pas le temps de constater que cette relation est également insatisfaisante pour l’autre. De manière plus globale, l’amélioration de notre communication à l’autre passe donc par la compréhension de ses « sentiments », par l’amélioration de notre écoute.

Explorer la relation aux autres … ou se comprendre ?

L’exercice que nous propose ensuite Thierry semble relativement simple. Nous sommes invités à rester silencieux jusqu’à la phase de débriefing et il nous offre à chacun une baguette en bois de 40 cm de long. Nous devons ensuite :

  • Choisir un participant (ou être choisi)
  • Se faire face.
  • Tenir la baguette en équilibre entre son index et l’index de son partenaire (Puisque chacun a une baguette, nous sommes donc les 2 mains levés avec en équilibre entre chacune nos 2 baguettes respectives).

Nous sommes ensuite invité à «explorer la relation à l’autre mais sans parole.. » pour une durée de 3 minutes…

Très rapidement (15 secondes ?), mon côté directif reprend le dessus et j’envisage une solution simple qui constitue une solution. Utiliser le regard, donc le contact visuel, pour échanger et signifier mes intentions…

Oui mais voilà, le contact visuel (surtout à 40 cm) est intimidant et il faut du temps pour instaurer une relation de confiance. Il faut au final une bonne minute avant que la communication ne s’installe et que la gêne ne se dissipe… Dans cette communication, notre attitude peut être intimidante et notre volonté d’aller directement à l’objectif de communication ne doit pas faire oublier la forme et la compréhension de l’autre, tel qu’évoquée dans le premier exercice.

Puis le mouvement peut s’installer… Et dans ce mouvement, s’installe une coopération, un échange… Chacun a à cœur d’initier des mouvements et la position d’équilibre fait qu’il devient difficile de percevoir si le mouvement est initié ou réactif… L’ensemble de l’action est donc un apport individuel de chacun sans qu’il soit possible de clairement le distinguer.

Au final, 3 minutes intenses pendant lesquelles le but apparent devient annexe et où la compréhension de notre relation à la communication s’améliore…

La session se double par un deuxième exercice dans lequel les participants sont plus détendus et où le mouvement et la communication s’installe plus facilement… Pour ma part, j’ai choisi comme deuxième participant un autre Soat-ien et si l’échange s’est bien sur fait plus simplement, j’en ai obtenu un retour néanmoins intéressant en phase de débriefing.

Phase de débriefing…

L’exercice se termine, en effet, par une phase de débriefing entre participants avec quelques questions proposées :

  • Qu’avez-vous observé ?
  • Qu’avez-vous ressenti ?
  • Quelles ont été les différences entre les 2 sessions d’exercices.  La première a-t-elle été influencée par la seconde.
  • Qu’elle a été ma perception de la relation dans chacun des cas.
  • Quelles sont les critères de choix de mes partenaires. Ai-je choisi ou chercher à être choisi. Ai-je eu peur de ne pas être choisi ?
  • Quelle est votre attitude de rencontre au quotidien ?

Ces questions permettent d’insister sur l’importance du ressenti et des perceptions dans la communication au-delà du message transmis. Les échanges se faisant par petit groupes de 5-6 personnes, chaque groupe apporte la richesse de son expérience sans que l’animateur n’oriente le débat.

De la pratique à la théorie…

La session se termine par une brève introduction et un bref rappel sur la communication systémique (école de Palo Alto). Une bonne manière de (re)donner des clefs de réflexion pour aller plus loin.

  • La communication n’a pas de contraire (On communique par son attitude, ses propos ou ses silences)
  • La communication comporte toujours une part d’implicite (relation) et d’explicite (contenu). L’exercice réalisé mettait, notamment, en évidence l’importance du relationnel sur le contenu.
  • Le contenu s’interprète en fonction du contexte
  • La communication est continue. Elle s’inscrit dans le présent mais aussi dans l’histoire passée (de chacun des participants)

En conclusion…

Une session que pour ma part j’ai beaucoup apprécié. Replacer la communication humaine au cœur des préoccupations agiles est une très bonne idée. Il suffit de voir par ailleurs l’accueil fait aux autres sessions liées aux dynamiques d’équipe pour constater que ces sujets sont centraux…

Pour ma part, je pense que Thierry a su le faire avec simplicité et clarté (ce qui n’est jamais aussi évident qu’on le souhaite), tout en invitant les participants à une réflexion autonome…

Bien entendu cette expérience a peut-être été vécue différemment par d’autres participants, puisqu’au final dans ce type d’atelier, comme dans la communication ou certains arts martiaux, chacun amène son vécu et ce qu’il veut partager…

J’espère l’avoir retranscrit avec suffisamment d’exactitude pour respecter le travail réalisé et vous inviter à vous pencher sur les sujets évoqués.

Merci Thierry !

P.S : Après une petite recherche, j’ai trouvé une référence dans lequel le jeu des baguettes est décrit : Jeux pédagogiques et Analyse transactionnelle d’Alain Cardon. Editions d’Organisation

 

 

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