[Lean Kanban France] Kanban pirate les habitudes de management

Cette présentation donnée par Alexis Nicolas, au début de la deuxième journée de la première édition de la conférence Lean Kanban France, a pour but de nous présenter comment le Kanban modifie profondément la notion même de management, et comment le manager « kanbanisé » va pouvoir agir en véritable hacker du système dans lequel il évolue.

Mais avant d’aller plus loin, suite à cette introduction volontairement provocatrice, Alexis nous rappelle deux définitions sur lesquelles il va baser sa démonstration :

Selon Peter F. Drucker, « le management, c’est bien faire les choses ; le leadership c’est faire les bonnes choses ».

D’autre part, selon l’Internet User’s Glossary, « un hacker est une personne qui se délecte d’acquérir une compréhension profonde du fonctionnement d’un système ».

Ainsi donc, l’idée de pirater est ici associer à l’idée de détourner un système pour le changer, l’améliorer, ce système pouvant être, dans le cas qui nous intéresse, une entreprise, Alexis mettant l’emphase sur le plaisir qu’il peut y avoir à mettre en place ce genre d’amélioration.

Ainsi, une fois ces définitions posées, voyons comme la mise en place du Kanban peut modifier grandement les habitudes de nos managers : si traditionnellement le travail d’un manager est constitué de 90% de management à proprement parler, et de 10% de leadership, le Kanban va nous permettre de décaler le curseur vers plus de leadership.

 La pensée en flux

Sans Kanban : « je dois m’assurer que mon équipe est occupée à 100% »

Avec Kanban : « Optimisons le flux de travail de notre équipe »

On a tous en tête l’exemple de managers faisant des remarques sur les horaires des collaborateurs, ou de personnes n’osant pas partir avant 18h30, même si leur travail est terminé. Le Kanban va aider le manager à réaliser que moins que la quantité, c’est la qualité et la pertinence du travail qui sont importantes. La vision en flux qui lui est offerte va lui permettre de comprendre que son but est de faire en sorte que toute activité atteigne son but. D’autre part, le visual management permet à l’équipe de se responsabiliser, rendant obsolète l’idée d’occupation à 100%.

 Une organisation apprenante

Sans Kanban : « ne m’apportez pas de problèmes, seulement des solutions »

Avec Kanban : qu’avons-nous appris de nos expérimentations ? »

Dans une approche traditionnelle, le manager gère les problèmes, tout en faisant en sorte que les équipes amènent les solutions. Cependant, il ne voit pas tout, il ne maîtrise pas les risques, et donc les problèmes font peur. Avec Kanban, le manager peut compter sur une vue d’ensemble. Et pas seulement le manager, mais toute l’équipe. Les problèmes sont plus facilement détectés, et on a plus de facilité à en apprécier l’ampleur. On peut donc décider de les gérer ou de les ignorer, et ceci se fait collectivement. Cette résolution en groupe va ouvrir des perspectives, permettre de tester de nouvelles choses. L’organisation va donc devenir plus pérenne, apprenant à mieux gérer les difficultés, et plutôt que de fêter les succès, pourquoi ne pas fêter l’apprentissage ?

Le changement est viral

Sans Kanban : « je dois m’assurer que tout changement est planifié dans les détails »

Avec Kanban : « Initions un changement de proche en proche ! »

Le changement est souvent décidé et planifié par le management, dans une approche « top down ». Mais le propre du changement est d’être imprévisible. Avec Kanban, le rôle du manager devient de donner la vision et de susciter, d’encourager le changement, et non plus d’essayer de le contrôler. Le changement va se propager, d’équipe en équipe, de proche en proche, grâce par exemple à l’utilisation du visual management,

 Viser l’auto-organisation

 Sans kanban : « Je centralise les règles et processus »

Avec Kanban : « Développons le leadership ! »

L’approche traditionnelle a tendance à fixer des règles, indépendamment du contexte, et à les appliquer, projets après projets. Mais que faire quand le contexte évolue, et que les règles ne conviennent pas ou plus ? La pratique du Kanban permet de ne pas s’arcbouter sur les règles. On commence certes avec ce que l’on a, mais la pratique de l’amélioration continue va permettre d’évoluer ensemble dans un contexte qui peut être mouvant. Le fait de rendre les règles explicites permet ainsi de pouvoir les remettre en cause, le processus étant défini et redéfini ensemble.

Conclusion

La présentation d’Alexis Nicolas, très vivante, et basée sur son expérience personnelle de manager, permet de se rendre compte que le Kanban, bien au-delà de la simple gestion de projet, permet de remettre en cause, pour le mieux, les structures même du management d’entreprise.

Pour aller plus loin

 La présentation est disponible sur prezi : http://prezi.com/qg1pgmfc640q/kanban-pirate-les-habitudes-de-management/

Le livre « Devenez hACkTEUR ! », d’Alexis Nicolas : https://leanpub.com/hackteur

Nombre de vue : 188

COMMENTAIRES 3 commentaires

  1. Stéphanie Paina dit :

    J’aime beaucoup l’approche ! N’ayant pas vu ce talk, je suis contente d’en voir un compte rendu. Merci pour l’article 😉

  2. […] conférence “Kanban pirate les habitudes management” que j’ai pu faire au lkfr12 (voir un post dessus) et […]

  3. […] le terme "pirate", notamment lors de mon talk à LKFR12, très bien résumé par Sébatien Ménétrier sur le blog de So@t. Est-ce que pirate et hacker sont identiques ? Quels sont les définitions […]

AJOUTER UN COMMENTAIRE