[Scrum Day 2013] – Journal de bord

Logo-Scrum-Day-2013La troisième édition du Scrum day s’est déroulé ce Jeudi 11 Avril 2013 dans les locaux d’IBM à Bécon-Les-Bruyères. Pour moi,  ce fut une grande première. On n’a pas tous les jours l’occasion de croiser les principaux chantres des méthodes Agiles en France. Je voudrais partager cette expérience avec vous sous la forme d’un journal de bord. Il s’agit donc de reprendre mon itinéraire durant cette journée sachant que ce ne fut pas toujours un choix facile : à chaque heure il y avait dix sessions simultanées. Je vous propose de revivre avec moi chaque heure de cette journée au travers des sessions auxquelles j’ai assisté.

Le long chemin qui mène à l’Agilité

alarm

07h15: Je rêve de coqs qui chantent…

07h20 : En fait, les coqs c’était mon réveil.

Je suis en retard… Selon vianavigo.com/, il me faut 01h10 pour être au siège de IBM. Mais bon je peux y arriver, je vais speeder, et puis je prendrai la  14, c’est le métro le plus sûr de Paris…

09h15 :Je suis arrivé

Je suis enfin arrivé. La ligne 14, le métro “qui n’a jamais de problème” a vu son trafic ralenti… Pour le petit déjeuner c’est raté : il fallait être là avant 9h.

J’arrive à me trouver une place au dernier rang pour ne pas déranger tout le monde. La salle est très confortable : on est quand même chez IBM. C’est le “Mot des sponsors”. Je suis arrivé juste à temps à temps pour entendre mon sponsor préféré : Soat 🙂

Keynote d’ouverture

09h30 : Keynote d’ouverture de Robert Richman : “Culture hacking”

Robert Richman est un coach et un conférencier spécialisé dans l’organisation. Il est également l’auteur du livre “The Culture Blueprint”. Pour Robert Richman, dans les organisations l’élément primordial, ce qui compte, est la culture d’entreprise. D’ailleurs il prône le “culture hacking”. En effet, à la manière des hackers qui peuvent trouver la faille d’un système, le culture hacker doit identifier les éléments permettant de stimuler la productivité et le bien être des individus. Selon Robert Richman, le “feeling” est fondamental. Où qu’on aille, ce qu’on retient en premier lieu, c’est le feeling qu’on a ressenti et pas l’information.

Il nous a beaucoup parlé de la culture de Zappos  où il a passé plusieurs années comme “Manager / Culture Strategist “. Il faut savoir que Zappos est citée depuis plusieurs années comme une des entreprises où les américains souhaitent le plus travailler ; c’était le cas entre autre en 2012.  Nous avons pu visionner une vidéo complètement délirante dans laquelle on voit les employés de Zappos, dans les locaux de l’entreprise (qui ne sont pas du tout “professionnels”) heureux et décontractés. Il nous a même présenté un couple d’employés qui se seraient mariés dans les locaux de l’entreprise. Mais même s’ils n’ont pas “l’air sérieux” dans le travail, les employés de Zappos sont très productifs et en quelques années la start-up a eu tellement de succès qu’elle s’est ensuite faite rachetée par Amazon.

Robert Richman explique le succès de Zappos par la mise en œuvre de recettes simples afin de faire émerger la culture d’entreprise. Voici quelques unes de ces recettes :

  • identification par l’équipe des “core values” de l’entreprise et s’assurer que ces valeurs sont partagées par tous. Les “core values” de Zappos sont ici http://www.zapposinsights.com/about/core-values. Le but n’est pas de lesre-copier à l’identique mais d’identifier les core values dans votre organisation. J’ai traduit trois des core values de Zappos ci-dessous :
    • Livrer un service “wow”.
    • Prendre des risques et être ouvert (au changement)
    • Construire une équipe soudée et enthousiaste

L’idée c’est que tout ce qui est fait dans l’organisation doit aller dans le sens de ces valeurs.

A un moment donné, alors qu’il parlait d’énergie positive, Robert a fait lever toute l’assistance et nous a demandé de faire quelques étirements puis de sautiller sur place. Imaginez dans la salle de conférence de IBM plusieurs centaines de personnes en pleine communion… Ce fut un grand moment.

Au delà de sa qualité, cette présentation m’a permis d’en savoir plus sur Zappos qui est un laboratoire en live d’un autre mode de management. J’ai également été sensible à l’idée de partage de moment heureux ; en effet, Robert encourage les membres de l’équipe à partager quotidiennement un événement heureux même anodin qui leur est arrivé la veille.

La matinée

11h00 : Talk “Introduction au Leadership tribal”

Tribal leadership

Ce talk dispensé par Florent Lothon est dans la droite ligne de la présentation de Robert Richman même si le présentateur nous a assuré que ce n’était pas planifié. La présentation débute par Where the Hell is Matt? C’est une vidéo où l’on voit un homme, Matt, qui danse de manière plutôt ridicule pendant quelques secondes dans divers paysages des quatre coins du globe : sous la pluie, en Inde , au bord de la mer, en Afrique, etc. Au début il est seul puis petit à petit de plus en plus de gens se joignent à lui. Cette vidéo permet à Florent de nous donner une idée de ce que peut faire le groupe sans coercition lorsqu’il adhère à une idée.

Ensuite nous passons au cœur du sujet : le tribal leadership. Florent Lothon nous apprend que c’est un concept qui est issu d’une étude réalisée pendant dix ans sur plusieurs organisations américaines. A l’issue de ladite étude, les auteurs ont conclu que les individus dans une organisation pouvaient être classifiés en 5 catégories qu’il appelle “stades” allant de 1 à 5.

Le stade 1 représente un individu totalement désespéré et quasi suicidaire. Le stade 2 est celui où l’individu n’en veut plus à humanité toute entière (comme au stade 1) mais uniquement à lui même. Au stade 3, l’individu a repris confiance en lui. Il est même persuadé qu’il est foncièrement meilleur que les autres. Malheureusement, selon Florent, nous sommes formatés dès l’école (notes, bulletins etc.) et l’entreprise (compétition entre collègues) pour être des individus du stade 3 : individualistes. D’ailleurs la majorité d’entre nous (49%) serait au stade 3. Enfin ce stade est selon Florent le premier stade du leadership tribal. A ce stade, l’individu a pris conscience que le groupe est important et qu’ensemble nous sommes plus  fort. Cependant l’individu n’a pas beaucoup d’estime pour les autres (ceux qui ne sont pas dans son groupe). Le stade 5 représente le stade ultime où la notion de concurrence et d’ego n’a plus lieu d’être.

Le but est évidement de tendre vers le stade 5, “l’épiphanie” comme l’appelle Florent. Cependant il est impossible de sauter un pallier. Florent a mis l’accent sur l’entraide qui pouvait permettre au coach et à la personne coachée d’évoluer. Ainsi en aidant une personne du niveau 1 à passer au niveau 2, un coach lui-même de niveau 3 peut mieux appréhender la valeur du groupe et passer au stade supérieur.

Enfin, Florent nous a encouragé à lire la documentation sur le sujet et à faire les courts exercices proposés.

http://www.agiliste.fr/items/introduction-au-leadership-tribal/

 

11h45 : Coach aidez-moi à marcher

Il s’agissait d’un atelier co-animé par :

  • Magali Baton : ancienne sportive de haut niveau et coach
  • Véronique Messager : coach freelance

Elles nous ont proposé un exercice relativement simple à première vue. Magali Baton s’est assise sur une chaise et a dit qu’elle n’arrivait plus à se relever. Il nous a été demandé de la coacher afin qu’elle puisse se relever.

Lors du tri de nos diverses propositions,  Magali Baton et Véronique Messager ont mis l’accent sur le risques des  questions fermées venant du coach. Ces question n’encouragent pas le débat et n’incitent donc pas les personnes coachées à s’exprimer. Il faut préférer les questions ouvertes.

L’exercice a permit de préciser le rôle du coach :

  • le coach accompagne mais n’est jamais celui qui fait.
  • le coach amène la personne coachée à trouver la solution par elle même. En effet une solution sera toujours plus acceptée et plus pérenne si elle vient des intéressés eux-mêmes.

Magali Baton et Véronique Messager on également tenu à faire une distinction entre le coach et le consultant/expert:

  • Le consultant / expert vient avec une proposition toute faite. Il sait déjà (vous les intéressés n’êtes pas compétents) ce qu’il faut faire.
  • Le coach n’a pas les réponses. Il sait juste comment les obtenir.

Dans la mesure du possible il serait donc souhaitable que le coach soit externe à l’équipe qu’il va coacher. Ceci pour ne pas être tenté de se substituer à l’équipe.

Je suis sorti de cet atelier avec plus d’informations sur le rôle du coach.

12h30 : Atelier “Perdu dans le désert”

Vous êtes un des survivants d’un crash d’avion dans le désert aux Etats-Unis durant le mois d’Août . Peu avant le crash, le pilote vous a indiqué que vous étiez à une centaine de km au sud ouest d’un village habité. Les pilotes sont morts mais aucun des survivants n’est blessé. Vous devez prendre deux décisions :

  • rester sur les lieux du crash ou partir chercher de l’aide
  • choisir de conserver certains effet. pour faire simple, dans l’exercice, il vous est demandé d’ordonner les affaires qui restent par ordre de nécessité. 1 représente l’élément dont vous avez le plus besoin et 15 celui dont vous avez le moins besoin. Toujours pour simplifier l’exercice, on supposera qu’il ne reste que 15 différentes affaires : boussole, livre sur la survie dans le désert, deux bouteilles de vodka etc.

Tel est l’exercice que Dragos Dreptate nous a proposé.  L’exercice s’est déroulé en trois étapes :

  • Étape 1 : chacun répond aux deux questions ci-dessus
  • Étape 2: nous formons trois équipes de quatre personnes et chacune des équipes répond collégialement aux questions.
  • Étape 3 :  On calcule le total de point de chaque équipe et de chaque personne puis  on compare ces résultats avec le résultat optimal basé sur les statistiques officielles liées aux crashs.

Dans notre cas, l’expérience a montré que de façon générale, les équipes étaient meilleures que les individus. Cependant, Dragos Dreptate nous a averti que cela n’était pas systématiquement le cas. Finalement le plus important n’est pas les résultats en soi mais l’interprétation : difficulté de communication, absence de partage de la connaissance etc.

Cette session m’a particulièrement marqué parce qu’elle met l’accent sur la force du groupe et sur l’intérêt de prendre en compte le point de vue de tous. On voit ici la similitude avec le process du poker planning qui part du postulat que l’équipe estimera mieux que le leader technique, si compétent soit-il.

L’après-midi

13h30 : Buffet

C’est l’occasion de faire un tour sur  le stand Soat faire un coucou à ma responsable de communication préférée 🙂 .

14h30 : Atelier “Identifiez et traitez les signaux et comportements freinant l’adoption de l’agilité”

L’atelier animé par Eric Siber  a  été victime de son succès : au lieu des 25 personnes prévues, on s’est retrouvé à plus de 50 dans la salle. Cependant la session a quand même eu lieu. Le but est d’identifier au sein d’une “équipe Agile”, les signaux (puanteurs/ smells) qui vont à l’encontre des valeurs et principes Agiles.  Une petite recherche sur Google permet d’en savoir un peu plus ici et . Les signaux  sont multiples et la liste est aussi grande que le nombre de projets Scrum. A titre d’exemple, je vais citer deux signaux remontés par Eric Siber :

  • Un participant au Daily Scrum profite de l’occasion pour dialoguer / régler ses comptes avec un autre participant
  • Pour gagner du temps, le Scrum Master suggère à chaque membre de l’équipe de lui envoyer par mail sa contribution à la rétrospective… Il agrégera le tout et rédigera un compte-rendu.

Au cours, de l’exercice, Eric Siber nous a proposé une liste de signaux et pour chaque élément, nous avons été invités à :

  • apprécier le risque pour l’agilité : aucun, faible, moyen, important, vital
  • les valeurs que le signal remet en cause
  • les principes que ce signal ne respecte pas
  • proposer des actions pour traiter le problème sur le cours terme.

Ce qui est intéressant c’est que tout le monde n’a pas la même interprétation de l’Agilité. Par exemple, au cours des discussions nous avons pu voir deux conceptions du Scrum Master:

  • certains estiment que c’est d’abord un manager / leader et qu’il n’est donc pas facilement remplaçable car  il a des qualité personnelles exceptionnelles
  • d’autres par contre estiment que le Scrum Master est tout sauf un “chef” au sens traditionnel du terme et que le poste de Scrum Master pourrait être tournant

Cet exercice est utile à bien des égards :

  • il nous replonge dans des situations que nous avons déjà vécu et nous permet ainsi de faire une forme de rétrospective 
  • les discussions permettent de préciser les concepts et les pratiques agiles. 
  • l’exercice ne se limite pas à critiquer mais aussi à proposer des solution simples qui peuvent être mises en place dans nos équipes.

15h30 : “Escapade au pays du backlog”

En réalité je n’ai pas réussi à assister à cette session de Ludovic Perot bien que j’ai quitté l’atelier précédent tôt pour être certain d’arriver à l’heure. Il y a eu un bug au niveau de l’affichage de la session en cours devant la porte. Ainsi avec une dizaine d’autres, j’ai attendu un quart d’heure pensant que la session précédente continuait. Finalement quand nous nous sommes décidé a ouvrir la porte, la présentation avait commencé… J’ai donc jeté mon dévolu sur la session “Avancer petit à petit MiPih” qui était la seule disponible.

16h00 : Avancer petit à petit MiPih

Il s’agit d’un retour d’expérience sur la mise en place d’équipe Agile. Sans doute à cause de la déception d’avoir raté ma session précédente, ou parce que la session était plus orientée décideur de mon point de vue, j’ai été moins réceptif à cette session malgré la qualité certaine des intervenants. Je n’en parlerai donc pas davantage.

Conclusion

Pour une première participation, j’ai été agréablement surpris. Il ne s’agissait pas uniquement d’égrener les principes agiles mais de les pratiquer et j’ai particulièrement apprécié le nombre important d’ateliers. Je suis ressorti avec une liste de points à creuser :  tribal leadership,  un livre à livre : “The Culture Blueprint”,  un blog à lire : agiliste.fr. Cependant ma principale résolution est d’assister à d’avantage d’évènements de la communauté Agile et surtout de Soat Agile.

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COMMENTAIRES 3 commentaires

  1. Ludovic PÉROT dit :

    Bonjour,

    Escapade au pays du backlog n’est pas de Cyrille martraire, mais de… Moi 🙂

    Je me souviens que quelques personnes sont arrivés après mon démarrage, j’en reste désolé. Une prochaine fois peut-être !

    Ludovic.

  2. Merci pour ton retour Ludovic.
    Correction : done. Il faut rendre à César ce qui appartient à César :p

  3. savi dit :

    Excellent article!

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