Retour sur les conférences ESRI 2013

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Les conférences ESRI (l’un des leaders mondiaux pour l’édition de logiciels professionnels SIG “Systèmes d’Information Géographiques”) se sont déroulés les 2 et 3 Octobre 2013 à Versailles.

En poste chez SFR depuis janvier en tant qu’ingénieur SIG, j’ai pu me rendre à la première journée de ces conférences, et je vous en propose ici un petit compte rendu.

Un petit rappel, les SIG c’est quoi ?

Une rapide définition serait un système d’information permettant la gestion (création et manipulation) de données vectorielles et/ou matricielles géo-référencées, et la production de documents cartographiques 2D, 3D et 4D. La discipline (académique) étudiante et travaillant sur les SIG, est appelée la Géomatique et se situe à la jonction entre analyses mathématique, informatique et cartographie.

Dans la pratique, la géomatique et les SIG s’abordent souvent comme une “surcouche fonctionnelle” de l’informatique.

Pour les intéressés, l’émission d’Arte “Le dessous des cartes” a réalisé un épisode “cartographie 2.0” présentant la géomatique et retraçant son développement au cours des 20 dernières années.

La 17e Conférence Utilisateur ESRI – Paris Versailles

Le principe de ces conférences est le rassemblement des utilisateurs privés et publiques de SIG en France. Chaque année cet événement est d’une part l’occasion de participer à de nombreux ateliers, cours, concours divers, échanges d’expériences,… et d’autres part pour ESRI, de présenter les nouvelles versions de sa gamme logicielle ArcGIS.

A chaque édition, la première demi-journée est dédiée aux présentations des nouveautés ESRI, grands témoins, lancements des différents concours…
La demi journée restante est par la suite dédiée aux mini-conférences utilisateurs, classes, ateliers et visite du “village-partenaire”.

Par la quantité et la diversité des interlocuteurs présents sur ces 2 jours, ce rendez-vous s’avère intéressant particulièrement à titre de veille technologique. On retrouve pèle-mêle des interlocuteurs d’un très grand nombre de domaines professionnels ( Ressource en eau, éducation, climat, santé, cartographie, pollution, gouvernement, défense, sécurité, réseaux, énergie, commerce, océans…)

A l’arrivée

On arrive tranquillement au Palais des congrès de Versailles, retrait du badge et des “cadeaux”. Un sac bourré de prospectus, carnet et stylo que l’on aurait préféré récupérer à la fin… C’est aussi le moment où on retrouve tous ses collègues et que l’on peut définir les séances auxquelles on va assister.

Les séances plénières

Passé la vidéo de présentation “Bienvenue aux Conférences ESRI 2013”, se présente Roni Gal (PDG ESRI France) qui animera cette plénière sous le thème “Les SIG transforment notre monde”.

On assiste depuis quelques années à une présence croissante de la composante géographique dans notre environnement. Avec l’explosion des réseaux sociaux, des flux de données sur internet, on ne compte plus les organismes privés et publics se dotant d’un portail cartographique à orientation métier ou purement consultative.

La plupart des solutions SIG développées par ces organismes le sont toujours dans un environnement clos et en réponse à une question précise et s’avèrent donc peu interopérables. Face à ce constat de nombreux projets sont mis en place pour rétablir au centre des SIG une notion de partage et de diffusion. Le produit de cette nouvelle approche se propage depuis quelques années sous la forme des “Web-SIGs”  qui vient s’inscrire comme un nouveau modèle d’intégration de données autour de leur composante géographique, tout en proposant tous les supports d’analyse propres aux SIG:

  • Analyse visuelle/confrontation directe
  • Analyse spatiale
  • Modélisation

Les projets ArcOpole et ArcGIS Online sont 2 exemples assez frappants de la volonté d’ESRI de répondre à cette volonté de démocratisation des SIG. Ces projets sont de plus en plus utilisés par les structures de petites tailles et à faible budget (surtout collectivités territoriales). De nombreux résultats et codes sont disponibles sur le net (Presence sur GitHub et marketplace ArcGIS).

ArcOpole : programme de mutualisation des ressources SIG pour les professionnels des collectivités locales.
ArcGIS Online : plate-forme cartographique en ligne.

Le reste de la plénière est partagé entre différentes démos, les “grands témoins” (Le sénateur-maire de la ville de Meudon et l’explorateur Jean-Louis Etienne) et le lancement de différents concours (storymap, poster, 24h du SIG…).

A noter ici 2 retours d’expériences intéressants :
– Le partenariat COSMO (start-up Lyonnaise)-ESRI sur la création d’un système de modélisation complexe d’évolution des facteurs urbains. L’intégration de données cartographiques par ESRI dans ce modèle développé par Cosmo permet une visibilité sur plusieurs décennies.
– Une application du Geo-Event Processor (extension ArcGIS Server permettant l’intégration et le traitement de l’info géo-spatialisée en temps réel) pour une simulation de gestion de crise sur un réseau d’eau.

Présentation de la 10.2 version d’ArcGIS for Desktop

Après un début de journée axé sur la “démocratisation de l’information géographique”, démarre la présentation de la nouvelle édition du logiciel ArcGIS.
Pas de changements majeurs pour cette version 10.2, mais de nombreuses évolutions ciblées vers des utilisateurs non géomaticiens et vers les petites structures.
Top nouveautés

  • Possibilité de connexion directe vers des bases types SQLite, lecture et modification des données sont supportées.
  • Outils d’import/export des données attributaires sous format excel, suppression de l’intermédiaire en .csv.
  • Possibilité de publication et d’utilisation de tables spatiales (tables dotés d’une colonne spatiale (Oracle Spatiale, SQL Server…)) sans recours à ArcSDE.
  • Support des images des nouveaux capteurs satellitaires SPOT6, LANDSAT8 et PLEIADE et prise en charge de leurs méta-données.
  • Mise à disposition de “Services prêts à l’emploi” depuis les applications bureautiques et (géocodage, itinéraire, trafic….) basés sur les données ESRI (pas de stockage de données en local).
  • Mise à disposition de packages de règles procédurales pour l’ajout de la dimension Z à des entités 2D.
  • Extension des possibilités de publication de scènes 3D aux outils ArcGlobe et ArcScene.
  • Tout utilisateur d’ArcGIS Desktop peut publier des services de cartes directement sur un portail ArcGIS Online ou Server (Advanced).
  • Exécution multi-processeurs des géo-traitements.

Ateliers ArcGis for Server

Cet outil étant de plus en plus utilisé, ESRI a proposé cette année de faire un retour sur les “bonnes pratiques”. Entre bon sens et astuces d’utilisations, de paramétrages, cet atelier s’est révélé riche et intéressant.
On pourra distinguer des actions à plusieurs niveaux:

Au niveau donnée:

  • Le format de stockage dépend essentiellement de la complexité de la donnée et de son utilisation finale. Pour un affichage simple, sans symbologie trop complexe, il est préférable de recourir au stockage en FGDB ou au format .shp.
  • Ne pas assimiler le jeux de classes de données à un regroupement thématique. Il doit être utilisé pour regrouper un ensemble de données présentant des caractéristiques de topologies, géométries, systèmes de coordonnées, … communes.
  • Limiter le nombre de données affichées.
  • Utiliser si possible des vues spatiales coté SGBDR.
  • Privilégier le direct-connect pour les bases.
  • Effectuer des compressions régulières des bases. (Outil “Compacter/Compress_management” dans le Catalog).

Au niveau mxd:

C’est peut être à ce niveau que le bon sens est le plus présent, c’est une chose que d’avoir un super projet cartographique, qui tourne sur son poste mais les choses sont bien différentes après sa publication sur le web. Le maître mot est donc adapter le projet à la transition “poste local – web”.

  • Simplification des symbologies (éviter les effets de halos).
  • S’assurer de la bonne organisation des couches.
  • Un seul système de coordonnées, correspondant aussi au système défini au niveau du DataFrame.(Pour éviter les reprojections à la volée)
  • Vérifier les géométries et correction si nécessaire.
  • Ne pas hésiter à fractionner le projet (plusieurs .mxd).
  • Privilégier les annotations aux étiquettes.

Avant la publication:

  • Utilisation de l’outil MxdPerfStat (téléchargement gratuit) qui établit la performance d’affichage pour chacune des couches du mxd.
  • Utilisation des outils “Simplify” et “Dissolve” pour limiter le nombre d’entités. Attention à ne pas simplifier au détriment de la qualité de l’information.
  • Vérification et réglage des échelles de visualisation pour les couches.
  • Utilisation des différents outils d’analyses:
    1. ArcMap établit un diagnostic avant toute validation de publication, pensez à le consulter.
    2. PerfHeatMap, pour effectuer des tests de performance selon des emprises géographiques définies avant l’exécution.
    3. Privilégier transparence de couleur à la transparence de couche.
  • Pour les rasters:
    1. Ne pas les utiliser en tant que services dynamiques.
    2. Utiliser les pyramides et stats (attention la définition de pyramides peut entraîner une perte de précision).
    3. Recourir à la mise en cache de ces services.

Au niveau services/site:

  • L’outil Jmeter permet la réalisation de tests de charge. (Définition de scénarios de consommation de services, nombre d’utilisateurs…).
  • Selon l’utilisation du service, privilégier l’une des isolations suivantes:
    1. Basse isolation : on autorise plusieurs instances d’un service sur un processus, permet d’effectuer plusieurs requêtes simultanées. (1 processus pour environ 24 instance). Ce type d’isolation est à privilégier pour des services peu utilisés.
    2. Haute isolation : Pour les services très utilisés, préférer ce type d’isolation où chaque instance possède son processus. Si celui-ci échoue, seule l’instance active est impactée.
  • Pensez à paramétrer le nombre d’instance des services selon leur utilisation, min_instance = max_instance pour des services très consultés (mode statique), min_instance << max_instance pour des services peu consultés (mode dynamique).

Mini-Conférences

C’est le point le plus hasardeux de cet événement. Comme je l’ai dit au début de cet article, on se retrouve face à une palette extrêmement diversifiée d’expériences utilisateurs. Pour ne citer que quelques-unes des principales thématiques abordées sur ces 2 jours : télécoms, ressource en eau, sport, climat, éducation, santé, défense, transport, réseaux, océano, énergie, …

Sur le papier c’est génial, mais dans la réalité, les “mini-conférenciers” n’ayant aucunes contraintes sur leurs présentations, on peut avoir de très bonnes surprises comme des mauvaises. Cette année, n’ayant participé qu’à la première journée je n’ai pas suivi ces conférences.

Malgré un manque de nouveautés majeures…

…cette édition a permis de répondre à de nombreuses questions techniques récurrentes dans l’utilisation des outils SIG d’entreprise. Outre ces aspects techniques, une bonne partie des intervenants extérieurs à ESRI étant souvent présents d’une année sur l’autre, il est toujours intéressant de suivre l’évolution de projets personnels et professionnels au fil du temps. Confronter sa propre vision de la géomatique et des SIG en général à celles issues d’autres secteurs d’application, permet une prise de recul extrêmement saine dans ce secteur où le principe de diffusion de la connaissance est central.

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