[Agile France 2014] Génération agYle

logoL’agile France, salon agile célèbre pour ses conférences de qualité tout comme son lieu idyllique, le seul salon où l’on peut marcher à côté d’oies sauvages, cygnes et autres volatiles palmés, a eu lieu les 22 et 23 mai derniers. De la génération Y aux Sketchnote en passant par la création musicale comparée à l’XP et les agiles games, il y avait l’embarras du choix. J’ai commencé la journée de jeudi avec la conférence de Matthieu Barbereau (@matbarbereau) sur la génération Y et l’agilité. Ici le constat est le suivant : on a du mal à travailler avec les jeunes. Chaque nouvelle génération pense être meilleure que les précédentes. Actuellement, nous entendons beaucoup parler de la génération Y, cette fameuse génération du pourquoi. Qu’a-t-elle de si différent et quel est au final son rapport à l’agilité ?

 Définition de Y

La génération précédente (X) concerne les gens nés approximativement entre 1965 et 1979. La génération Y concerne les personnes nées (toujours approximativement) entre 1980 et 1995. C’est la génération connectée, qui a besoin de sens et de respect. Vue par les autres, elle est assez rebelle dans son rapport à l’autorité. Pour elle, le respect passe par l’acceptation de sa propre façon d’être. Coté carrière, les jeunes de cette génération viennent en entretien comme s’ils étaient les clients, ils viennent au travail avec leur maison (qui n’a jamais vu un bureau rempli de goodies ?) et veulent souvent tout changer. Mais est-ce vraiment différent des autres générations au fond ? Oui et non, nous répond Matthieu !

Aux origines du Y

L’enfant de la génération Y est au centre de la cellule familiale, il est considéré comme une personne à part entière, et bien souvent les parents hésitent entre fixer un cadre avec des règles et laisser de l’autonomie à leurs enfants. L’enfant Y quant à lui, se fixe ses propres règles et ne connait pas l’ennui ! Il va forger son autonomie à travers des tribus, partageant un intérêt ou un mode de communication commun. Il a un apprentissage itératif de plus en plus long, avec de nombreux choix à faire. Il fait partie de la première génération connectée, ce qui implique un changement dans les rapports professeur / élève, grâce à des sites comme Wikipedia notamment, qui peuvent fournir toute l’information nécessaire. Ceci entraîne une remise en cause permanente des enseignants, et aboutit au syndrome pré-entreprise suivant, fréquemment rencontré : l’enfant Y s’imagine évoluer rapidement de programmeur à chef puis manager pour devenir maître du monde et avoir une retraite à 35 ans !

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Y et l’entreprise

bigstock-generation-y-30427904Y est-il sociable ? Matthieu répond que c’est à l’entreprise d’impliquer Y. Il y a en effet un fossé entre Y et le monde de l’entreprise. Angoissé par rapport à son avenir, pour se rassurer et être maitre de son destin, il va vouloir s’impliquer et imposer ses idées. N’aimant pas les processus, il ne veut pas se sentir enfermé dans un cadre rigide. Il recherche les repères liés à son éducation, et veut de la place pour s’exprimer. Il souhaite également le bien-être au travail, et est plus exigeant par rapport à son développement personnel. Conséquence directe, il voudra pas partir tard le soir. Il est également très impatient et réclame très souvent du feedback. Il faut donc créer des espaces collectifs afin d’échanger et de donner des retours… On pense dès lors aux démos et aux rétrospectives. Son rapport à la hiérarchie est très rebelle : il n’a de reconnaissance que pour les compétences et non les postes, et veut un encadrement participatif, pas directif. Pour l’encadrer, il faut donc un manager facilitatif, pour reprendre l’expression de Matthieu (un facilitateur plutôt qu’un manager dirons-nous).

En revanche, il est intéressant de constater qu’en tant qu’entrepreneur, Y ne mettra pas de hiérarchie en place et favorisera l’indépendance, au profit d’une créativité exacerbée, dans un environnement propice à celle-ci. Matthieu pointe à juste titre le fait qu’en France nous confondons erreur et faute. Une erreur est simplement une découverte, qui nous amène à nous améliorer ! Dans la culture anglo-saxonne, l’erreur et la prise de risque (en créateur d’entreprise par exemple) sont des expériences bien plus valorisées dans la carrière d’un individu. Une petite citation du célèbre Chat de Geluck vient ponctuer la présentation :

Être vieux c’est être jeune depuis plus longtemps que les autres !

Un lien entre Y et agilité ?

La session se termine sur ce fameux lien entre cette génération Y et ce pourquoi nous nous sommes tous réunis au Chalet de la Porte Jaune : l’agilité. Naturellement agile, cette génération Y est friande des valeurs portées par le célèbre manifeste : un apprentissage itératif, moins de hiérarchie au profit de plus d’autonomie, plus de communication et d’adaptation dans un cadre plus souple, et un environnement plus permissif pour une créativité accrue. C’est à mon sens l’une des raisons pour lesquelles l’agilité s’impose de plus en plus comme une solution aux problèmes émergents en entreprise.

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ConclusYon

Il est intéressant de constater qu’en 2008, les sujets de conférence portaient sur Scrum et XP principalement. Aujourd’hui, les sujets phares sont entre autre le leadership, et tout ce qui tourne autour de l’agilité, notamment des concepts comme la Sociocratie, l’Holacracy. Est-ce alors un besoin sociétal de tout remettre en cause et de penser différemment ? La génération Y fait-elle le futur, ou bien est-ce l’inverse ? Après ces questions nettement plus philosophiques qu’auparavant, Matthieu conclut : ‘’ la meilleure façon de créer votre avenir, c’est de vous le créer ! ‘’ 

La session se termine sur l’annonce de la prochaine génération, dite Z, qui est proche de Y, tout en étant encore plus marquée, plus connectée, complexe, avec une créativité encore plus exacerbée. Nous autres de la génération Y sommes prévenus !

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