Débutant Intermédiaire

La Horde Agile de Pablo Pernot au ScrumDay 2015

A l’occasion du ScrumDay 2015, une des pablopremières conférences de la matinée du 2 avril fut animée par Pablo Pernot, au sujet de la philosophie Agile et de cette culture au sens le plus large possible. Le mouvement de pensée Agile vient du monde informatique, dans l’élaboration de code source. Mais Pablo Pernot nous a présenté son concept de Horde Agile en filant la métaphore des hommes préhistoriques.

Pourquoi une Horde Agile ?

Pablo Pernot a commencé son discours par nous expliquer les raisons de cette métaphorecranes qu’il a d’abord utilisée pour exposer ses idées à des amis informaticiens et partager sa vision de l’Agilité comme étant une culture plutôt qu’un savoir-faire. Il lui fallait donc se débarrasser de tout rapport avec le code source. L’image des hommes préhistoriques lui permet de véhiculer une idée la plus simple possible, débarrassée des indicateurs clients, et des carcans de Scrum ou de Kanban pour ne citer qu’eux. De plus, s’agissant des comportements modernes, le parallèle est intéressant avec ces hommes préhistoriques qui nous ressemblent tant.

Le chiffre de Dunbar

DunbarSon exposé s’est poursuivi avec la présentation du chiffre de Robin Dunbar. Cet anthropologue ayant étudié les primates a établi le nombre moyen de relations sociales que l’on puisse avoir et maintenir. L’analogie avec le monde préhistorique a montré que des groupes de plus grande taille ont abouti à des séparations du groupe en éléments plus petits. De même, il semblerait que le nombre moyen d’amis sur Facebook se situe aux alentours de 158.

Le parallèle avec notre monde moderne en entreprise est aisé : nous devrions éviter de composer des départements de plus de 150 personnes, au risque de voir l’information se perdre et se diluer. Il fait le rapprochement ainsi entre des villages de 150 individus, des tribus de 50 et des groupes de 7. Pour ce dernier cas, le nombre de 12 semble mener à l’effondrement de la cohésion du groupe. Ceci ne vous rappelle pas les recommandations sur la taille d’une équipe Agile, par hasard ?

Une image vaut 1000 mots (Confucius)

La métaphore continue sur une anecdote à propos des dessins de taureaux pour le comptage des animaux, qui ont donné progressivement, en se simplifiant, la lettre romaine A ou la grecque Alpha, symbolisant sommairement les cornes de l’animal. Ceci l’amène à la conclusion que contrairement au dessin, les mots sont sujets à interprétation.

De Darwin à Descartes, en pleine partie de chasse

La conférence se poursuit sur la comparaison entre les hommes préhistoriques et les animaux qui l’entouraient alors. L’homme n’avait pas de dents longues ni la puissance musculaire des grands fauves par exemple, ce qui peut nous laisser nous poser la question du moyen qui nous a permis de survivre sous l’effet de l’évolution selon Darwin. La réponse se trouve dans notre capacité à marcher. Marcher longtemps. Notre endurance. Notre capacité à poursuivre notre effort.25473703lascaux-jpg

Pablo Pernot nous décrit alors une scène de chasse. Les guerriers, les membres les plus forts du groupe chassent et tuent la proie. Les plus jeunes apprennent à leurs côtés. Les plus faibles, comme les enfants et les malades, viennent ensuite manger, tandis que le sage observe et guide le groupe. Il insiste grâce à cette image sur l’importance d’un groupe hétérogène, où chacun trouve sa place et son importance.

Il poursuit en attirant notre attention sur le fait qu’une grande part de nos décisions vient de l’instinct et que ce dernier ne doit pas être évincé, il est nourrit par l’expérience. De même l’émotion est indispensable aujourd’hui, même si tout tend à nous en dissuader. Le rationalisme de Descartes est démodé. “1+1=2, c’est fini !” lance-t-il à son assemblée. La combinaison entre l’émotion et l’intuition nous est décrite comme une base solide que nous ne devons pas perdre de vue, qui va nous permettre de casser les silos et de développer nos sens.

Système, Autobus et Communication

Son discours se poursuit sur l’analyse du système au sens large et sur la nécessité de l’appréhender comme un tout. Il aborde le problème des indicateurs qui ne se focalisent que sur un aspect limité et conscrit. Ceci lui permet d’embrayer sur la distance maximale pour permettre une bonne communication et l’établit aux alentours de 15 à 20 mètres, soit la longueur moyenne d’un autobus.

En transposant cette dimension dans nos bureaux et autres open-spaces, cela nous donne une idée des personnes avec qui il nous est possible de communiquer correctement. Il n’y a qu’à voir les difficultés rencontrées par des équipes délocalisées pour s’en convaincre. Ce cas extrême permet de bien cerner cette problématique.

La spirale dynamique de Don Beck

Enfin, Pablo Pernot nous a expliqué la théorie de la spirale dynamique selon Don Beck. Cet outil, ou plutôt cette représentation, est utilisée en psychothérapie, en management et en diplomatie. Elle décrit l’évolution du comportement humain comme une alternance d’étapes, tantôt solitaires, tantôt grégaires, en utilisant une codification sur la base de couleurs.

La voici :spirale-dynamique

  1.   BEIGE : L’instinct de survie. C’est l’étape première du bébé jusqu’à ses 2 ans ainsi que celle de la horde primitive. On y retrouve les pulsions vitales.
  2. VIOLET : La couleur d’un enfant de 2 à 4 ans ou des tribus chamaniques, où l’on recherche l’émerveillement et la compréhension de ce qui nous entoure.
  3. ROUGE : Retour à une étape solitaire, illustrant le comportement d’un guerrier qui poursuit seul sa route ou d’un enfant de 4 à 8 ans.
  4. BLEU : La découverte du système et de l’ordre. C’est la couleur des royaumes, des armées et des grandes religions. On y retrouve notre besoin de lois et de sécurité. L’analogie porte sur l’enfance de 8 à 12 ans.
  5. ORANGE : Cette étape invoque la vision individualiste de l’adolescent et du jeune adulte, de l’entrepreneur, de l’inventeur, du marchand, du besoin de liberté et de création.
  6. VERT : Pour la conscience communautaire de l’individu devenu parent. C’est la couleur des démocraties, que l’on retrouve dans notre soif d’égalité et de solidarité. On y retrouve le principe d’Agilité, dans un esprit de coopération.
  7. JAUNE : C’est la couleur dont nous avons aujourd’hui besoin. Celle de l’adulte responsable face à la complexité, qui surfe sur les différentes couleurs en cherchant à les faire dialoguer et comprenant que chacune correspond à une fonction.
  8. TURQUOISE : Pour une humanité rêvée, selon les théoriciens de cette spirale. Cette couleur serait composée de sages, totalement libres et dévoués à la collectivité.

Pour aller plus loin

Pablo Pernot se décrit lui-même comme un agent provocateur. Provocateur d’impulsion, d’émotion. Il y parvient sans peine au cours de cette conférence et je vous invite à poursuivre ces réflexions autour de son blog où vous pourrez même télécharger au format PDF son mini-livre La Horde Agile et découvrir ses nombreux articles fort bien écrits.

Nombre de vue : 208

COMMENTAIRES 2 commentaires

  1. […] met en avant le chiffre du Dunbar, que mentionne Thomas dans son retour sur la conférence La Horde Agile, la cohésion d’un groupe peut-être mise à mal lorsque la taille de celui-ci dépasse la […]

  2. […] Vidéo, la horde agile de Pablo Pernot  (Agile Tour de Toulouse 2013) Part 1 – https://www.youtube.com/watch?v=d9efofwYKzI Part 2 – https://www.youtube.com/watch?v=PV1-OZ5wzDw Explication rapide : « Pablo Pernot a commencé son discours par nous expliquer les raisons de cette métaphore qu’il a d’abord utilisée pour exposer ses idées à des amis informaticiens et partager sa vision de l’Agilité comme étant une culture plutôt qu’un savoir-faire. Il lui fallait donc se débarrasser de tout rapport avec le code source. L’image des hommes préhistoriques lui permet de véhiculer une idée la plus simple possible, débarrassée des indicateurs clients, et des carcans de Scrum ou de Kanban pour ne citer qu’eux. De plus, s’agissant des comportements modernes, le parallèle est intéressant avec ces hommes préhistoriques qui nous ressemblent tant », blog-rec.soat.fr. […]

AJOUTER UN COMMENTAIRE