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[Agile France 2015] Les tests utilisateurs, c’est pas cher et ça peut rapporter gros !

AgileFranceLors de la conférence Agile France 2015, j’ai été surpris de retrouver le sujet des tests utilisateurs dans la conférence « Cheap User testing », présentée par Florence Chabanois. Ce sujet, à priori peu novateur, m’est apparu avec le recul très intéressant, car trop peu utilisé. C’est pourquoi j’ai eu envie de partager ici les avantages de cette pratique, avec le retour d’expérience très pragmatique réalisé par Florence Chabanois.

Pourquoi faire des tests utilisateurs ?

La première question à se poser est : “Pourquoi faire des tests utilisateurs ?”. Un début de réponse se trouve dans l’intitulé de la session de Florence : « Cheap User Testing ». Contrairement à ce que l’on aurait tendance à penser, les tests réalisés avec des utilisateurs finaux sont peu coûteux, puisque la plupart des personnes vont être contentes de donner du feedback à la fois rapidement et gratuitement. A titre de comparaison, l’oratrice nous a donné l’exemple concret d’une matinée passée sur une séance de tests, versus une matinée de réunions classiques. Il est facile de savoir quelle journée est la plus enrichissante pour le produit.

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Mais, outre cet argument financier, l’intérêt principal se situe, à mon sens, dans la philosophie Lean Startup, puisque c’est l’occasion idéale de sortir de son bureau pour aller à la rencontre des vrais utilisateurs. C’est donc le moment de récolter des retours qui ne sont pas liés à un cahier de recette, mais à de vrais usages ou à des attentes qui n’ont parfois pas du tout été anticipées. Il s’agit bien de tester rapidement pour ne pas investir dans les mauvaises fonctionnalités. Les tests utilisateurs sont au cœur de la démarche Fail Fast, ce qui permet encore une fois de ne pas dépenser trop sur le long terme, en se concentrant sur ce qui apporte de la valeur et ce que les utilisateurs sont prêts à acheter.

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Très bien, mais en pratique comment et où le faire ?

Forte de son expérience, Florence nous a partagé quelques astuces pour mener à bien ces tests sur le terrain.

D’abord, il faut bien choisir le lieu. Les gares et arrêts de bus semblent être les pires endroits pour aller aborder des gens, qui attendent, stressés par un retard potentiel de leur train ou leur bus. A l’inverse, les cafés où les gens viennent prendre le temps de se détendre sont très propices à ce genre de démarche. Dans son cas, s’agissant d’utilisateurs finaux grands publics, il faudra bien sûr adapter le lieu au public visé. Gageons, cependant, que les salles de pauses seront, elles aussi, plus propices que les couloirs en face des salles de réunions qui trainent à se libérer.

Une fois le lieu déterminé, il s’agit de trouver les utilisateurs et de dérouler les tests. Là encore, attention à ne pas le faire n’importe comment. Tout d’abord, il faut prévoir des tests courts. Il ne faut pas prendre une heure du temps d’un utilisateur. Des tests de 10-15 minutes semblent suffisants dans la majorité des cas. Cela dit, si l’utilisateur n’a que 5 minutes de disponibles, il faudra adapter le test en fonction et utiliser ce temps au mieux. Attention également à ne pas dépasser l’horaire, c’est le minimum de respect dû aux âmes charitables qui prennent du temps pour vous.

Pour la démarche du test en lui-même, il y a plusieurs choix possibles. Vous pouvez opter pour des scénarios courts à proposer ou bien laisser complètement libre cours à l’imagination de votre testeur. Si vous choisissez les scénarios, n’oubliez pas de les préparer correctement et de les faire suffisamment courts pour ne pas monopoliser le temps des personnes interrogées.

Autre détail important, il ne faut pas faire tester les anomalies connues. Si quelque chose ne marche pas, il ne vous servira à rien de voir de vrais utilisateurs vous dire que ça ne marche pas. Prévenez vos testeurs des anomalies restantes, pour qu’ils ne s’y attardent pas. Si vous avez trop d’erreurs à expliquer, il est peut être judicieux de décaler vos tests après une livraison de correctifs.

 

Pendant le test, afin de comprendre au mieux les intentions de vos utilisateurs, vous pouvez leur demander de penser à haute voix et les inciter à expliquer clairement leurs actions. De même, il est important de noter tous les gestes et expressions des gens. En effet, une bonne partie des réactions ne vont pas être exprimées verbalement mais uniquement par des réactions physiques. De par son expérience, Florence nous a vivement conseillé de noter, voire de filmer, les réactions des gens (attention dans ce cas à bien les prévenir au préalable). Toutes ces réactions vont être une source précieuse d’informations, parfois même inconscientes pour l’utilisateur.

A quel rythme solliciter les utilisateurs ?

Comme nous voulons faire évoluer souvent notre produit et avoir de vrais retours au plus tôt, il est important de faire souvent des tests. Cela dit, il ne faut pas non plus emménager dans le café du coin. Il faut donc adapter le rythme de test et l’effort de manière réaliste. Une étude scientifique s’est penchée sur la question de la couverture de tests et en est arrivée à la conclusion que 10 utilisateurs couvraient 100% des fonctionnalités là où 5 utilisateurs en couvraient environ 80%. Dans la plupart des cas, en reprenant la Loi de Paretto, 80% de couverture de tests est largement suffisant si les tests sont effectués avec pertinence. Florence a donc opté pour des tests par 5 utilisateurs nouveaux à chaque Sprint, ce qui se fait en une matinée.

Lors de son atelier “Petits outils d’UX à l’usage des honnêtes gens”, Jean-Claude Grosjean a également mis en avant cette pratique parmi d’autres outils pratiques d’Agile UX. Il recommandait, quant à lui, 3 utilisateurs par Sprint. Je ne l’ai pas précisé avant, mais les présentations faites par les deux orateurs étaient parfaitement alignées quant à l’intérêt et aux usages des tests utilisateurs.

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A propager pour se rapprocher des utilisateurs

Les tests utilisateurs, bien que simples à mettre en place et emplis de bons sens, sont encore trop peu répandus à mon sens. Merci à Florence et Jean-Claude pour ce rappel plus que bienvenu. C’est une pratique qui pourrait vraiment se démocratiser et devenir un standard de la création de produit informatique, en ouvrant à une approche beaucoup plus centrée sur les utilisateurs et leurs usages réels. Du moins, je l’espère ! C’est une première étape facile à mettre en place pour se rapprocher des utilisateurs et entrer dans une démarche AgileUX, centrée sur l’expérience utilisateur réel, elle-même liée à une approche Lean Startup. Une fois des tests utilisateurs mis en place régulièrement, vous aurez en effet le champ d’expérimentation idéal pour vos idées, avec des retours fréquents et rapides : l’idéal pour créer les meilleurs produits et les plus adaptés !

 

 

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COMMENTAIRES 2 commentaires

  1. Nathan Nyme dit :

    [HS] Vous vous êtes aperçus que la vignette illustrant l’article est un BMP redimentionné pesant plus d’1Mo ? 😀

    (Je vais lire l’article maintenant, qui doit être hyper intéressant, comme toujours…)

  2. Pascal Poussard dit :

    Très bonne remarque. Je vais alléger un peu tout ça.
    Merci

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